
Oui mais il ne faut pas s'enflammer. D'un point de vue mathématique, cela aurait pu être mieux... mais l'on reste invaincu sur ces trois matchs, et ça, c'est intéressant. Il y a aussi des attitudes, des comportements qui, par rapport au déroulement des matchs, ont pu montrer que, mentalement, on avait peut-être progressé... Après, mathématiquement, compte-tenu de notre retard, j'aurais peut-être espéré avoir deux points supplémentaires. Mais, comme vous l'avez dit, les oppositions étaient de qualité... Maintenant, il faut se méfier de ces raisonnements. Ne pas penser que le fait de jouer Amiens – qui, aujourd'hui, est vingtième – va être plus facile... On ne va donc pas s'enflammer mais il est vrai que ce mois de janvier est rassurant. Il n'est pas conforme, en termes de points, à notre volonté de remonter dans la première partie de tableau mais il nous permet de continuer à y croire.

Oui, mais il y en a d'autres. La joie et l'efficacité retrouvée de Julien, cela peut symboliser ce qui se passe dans l'ensemble de l'équipe. Si l'on revient sur ce match à Monaco, c'était dur d'être mené deux à zéro, et ce qui m'a plu, c'est cette envie de ne rien lâcher, d'y croire jusqu'au bout, ce comportement, cette attitude et la qualité des buts que l'on a marqués... Si l'on avait égalisé sur l'une des deux occasions que l'on se procure par Pollet et Toudic, cinq minutes après la réduction du score, donc vingt minutes avant la fin, je pense vraiment qu'on aurait pu faire quelque chose de mieux. Mais bon, on aurait pu aussi, à dix secondes près, repartir avec zéro point. On ne fera donc pas la fine bouche.
C'est toujours mieux quand on dispose de références, quand ils ont été capables de le faire. Cela dénote aussi d'un pallier qui a été franchi en termes d'esprit, de mentalité. J'ose espérer que l'on va être capable d'être régulier au moins sur ces attitudes de compétiteur. Ce serait déjà une bonne base, un bon socle. Maintenant, on ne veut pas se contenter de faire des matchs nuls. Il reste encore des choses à améliorer. Sur ce match-là, on prend encore deux buts très évitables après une première mi-temps où l'on avait le contrôle de notre adversaire. C'est assez étonnant.
De toutes façons, quelle que soit l'opposition que va nous proposer Amiens, il nous faut les trois points pour bonifier le résultat de Monaco... Maintenant, cette équipe amiénoise a fait un bon match à Boulogne, en étant solide contre un adversaire qui n'a pas fait un grand match. Mais eux ont été solides et réalistes en inscrivant un but sur les trois ou quatre occasions qu'ils ont eues. C'est à prendre en compte. Il connaissent un regain de confiance. Je pense qu'ils ont rempli leur contrat sur les deux matchs à l'extérieur d'affilée qu'ils ont à disputer. Ils ont pris les trois points. Ils peuvent venir à Lens en se disant « On n'a pas grand chose à perdre », et, libérés, ils peuvent être dangereux. Méfiance donc. Il faudra être très sérieux.
Fodé faisait partie d'une équipe qui joue les premiers rôles en Ligue 1 [Ndlr. Montpellier]. Il avait devant lui un garçon comme Olivier Giroud, voire John Utaka et Abdou Camara qui sont des joueurs de premier plan. C'est un espoir de leur club, club avec lequel il a gagné la Gambardella. C'est un joueur très estimé par René Girard avec qui j'ai pas mal discuté, et qui, jusque là, ne souhaitait pas le prêter. Et puis il a évolué et mûri sa décision. Il a été séduit à l'idée de le voir évoluer avec nous. Avec notre souhait de réutiliser le 4-4-2, cela nous semblait intéressant d'avoir un attaquant axial supplémentaire. C'est quelqu'un qui est grand, très puissant, très rapide pour un joueur de ce gabarit, très difficile à marquer, qui a les deux pieds, qui est très disponible. Dans les catégories de jeunes, il a toujours marqué beaucoup de buts. Sur leur dernier match, face à Nice, il est entré en cours de jeu sur le côté gauche mais évoluer sur le côté n'est pas son poste de prédilection puisqu'il aime bien jouer dans la profondeur, dans l'axe... Après, c'est encore un jeune joueur, qui est très suivi par Eric Mombaerts pour l'Equipe de France Espoirs. Celui-ci l'a d'ailleurs conseillé de venir nous rejoindre... Voilà, c'est un jeune joueur prometteur.

Je l'ai fait venir pour ça. Il n'y avait aucun intérêt de laisser Julien et David dans le confort. C'est une source d'émulation. Ces trois joueurs constituent ma principale solution pour constituer une paire d'attaquants. Cela donne donc la possibilité de constituer trois paires différentes, et, en fonction de la forme, de l'adversaire, de tout un tas de choses, cela me donne un choix intéressant.
Oui, certainement... S'il est qualifié mais a priori, on a tout fait pour.
On a été très attentif concernant l'éventuelle venue d'un défenseur. Si on ne l'a pas pris, c'est que l'on a estimé que les joueurs proposés ou disponibles n'allaient pas amener un plus. William [Rémy] est en train de franchir des caps. Il progresse, et je ne voulais pas prendre un joueur qui n'était pas meilleur que lui. Cela aurait bloqué l'épanouissement d'un joueur de notre formation pour faire venir quelqu'un de l'extérieur. Je n'y voyais pas l'intérêt... C'est vrai que l'on a évoqué des noms d'un calibre supérieur. Cela n'a pas pu se faire. Donc, voilà, on fait avec ce qu'on a... Mais, sur le plan offensif, Cuvillier et Koïta, ce n'est pas mal. Je suis assez satisfait.
A Monaco, Thorgan a joué trente minutes. Aujourd'hui, dans mon esprit, si l'on joue en 4-4-2 avec des milieux excentrés, je dispose de quatre joueurs pour deux postes : Hazard, Ben Saada, Cuvillier, Maurice. Quatre pour deux postes, ce n'est pas énorme. Si tu es bon, tu as de grandes chances, au minimum, de terminer les matchs, voire de les débuter. J'ai trouvé la rentrée de Thorgan à Monaco très bonne... Il faut que vous sachiez qu'il avait été sollicité pour un prêt. J'y ai mis mon véto car c'est un garçon sur qui je compte.

Qu'il soit meilleur... Sportivement et dans la mentalité que j'attends de mes joueurs. Qu'il soit meilleur dans tous les sens du terme... Puisqu'il est là, à lui de travailler dur et de montrer autre chose.
Il a du volume. Cela fait un moment, au travers de discussions qu'il a eues avec moi, que Ludo m'a fait sentir qu'il avait envie de jouer un peu plus à l'intérieur. J'en prends acte, sachant que Zak [Bergdich] est revenu de son tournoi pré-olympique [ndlr. sélection marocaine] avec beaucoup de confiance. Dès que je l'ai remis dans l'équipe, il nous a apporté des choses sur le côté gauche, même si l'on a vu sur l'action qui précède le premier but monégasque, qu'il doit encore améliorer ses techniques défensives. Mais il nous amène de la vitesse, de la fraîcheur, de l'enthousiasme. Ca, c'est intéressant... Pour revenir à Ludo, il m'a effectivement montré qu'il avait un registre intéressant, du jeu, du volume, de la capacité à se projeter après la récupération. Donc, c'est tant mieux. C'est un secteur de jeu où il y a une belle et franche concurrence. Surtout si l'on rejoue à deux. C'est bien que l'on ait beaucoup de bons joueurs dans ce secteur de jeu.
Définitivement non parce que, mathématiquement, c'est réalisable... Mais ce n'est pas ma préoccupation première. L'objectif que je me suis fixé aujourd'hui, c'est de revenir à trois ou quatre points du troisième après les huit prochains matchs. On est capables de le faire. Après, sur les huit derniers matchs, c'est le « money time ». Tout est possible... Mais, là, dans un premier temps, le chantier est énorme : combler l'écart que nous avons avec le troisième. D'ici là, il y a des matchs. On reçoit Amiens. Derrière, on sort deux fois de suite. Après, on reçoit Arles-Avignon qui est une meilleure équipe avec Thierry Laurey... Chaque chose en son temps... Carpe Diem... Mais non, rien n'est rayé dans ma tête.